Le psychomotricien intervient sur les troubles du développement psychomoteur, du geste et du rapport au corps, chez l’enfant comme chez la personne âgée. La DREES en compte 15 453 en activité au 1er janvier 2024, contre 8 000 en 2012 : les effectifs ont presque doublé (+93 %). La densité est passée de 12,3 à 22,7 pour 100 000 habitants.
Le passage au libéral est le plus spectaculaire de toute notre série. Les psychomotriciens libéraux ou mixtes sont passés de 1 153 à 5 163, soit une multiplication par 4,5 en douze ans — devant les libéraux psychologues (×3,1) et les salariés en cabinet d’orthoptie (×3,4). Dans le même temps, l’hôpital n’augmentait que de 39,7 % (2 477 → 3 460) et les autres salariés de 56,3 % (4 370 → 6 830). Le libéral, qui ne pèsait que 14 % de la profession en 2012, en représente aujourd’hui 33 %. C’est pourquoi le graphique sépare les trois postes.
Les Yvelines arrivent en tête avec 39,1 psychomotriciens pour 100 000 habitants, devant les Hauts-de-Seine (38,0), les Hautes-Alpes (37,9) et Paris (37,5). En bas de tableau : la Meurthe-et-Moselle (7,7), dernière de métropole, la Moselle (7,9) et les Vosges (9,8). Mayotte ferme la marche avec 3,6. L’écart métropolitain atteint 5,1 pour 1.
Le fait le plus frappant est régional. Les dix départements du Grand Est sont tous classés au-delà du 58e rang, et sept des huit derniers départements de métropole appartiennent à cette région : Meurthe-et-Moselle, Moselle, Vosges, Bas-Rhin, Meuse, Haute-Marne et Aube. Le mieux placé, le Haut-Rhin, n’est que 59e avec 17,8. La médiane du Grand Est s’établit à 11,9 contre 18,7 pour l’ensemble des départements : un rapport de près de trois à un avec les départements de tête. Aucune autre région ne présente un bloc aussi homogène dans nos classements de santé.
Ce déficit va de pair avec une quasi-absence d’exercice libéral. La part des libéraux tombe à 5,0 % dans la Meuse, 5,9 % dans la Creuse et 9,5 % en Lozère, quand elle atteint 61,8 % dans le Lot, 60,7 % en Haute-Garonne et 57,6 % dans le Tarn. Là où les cabinets ne s’installent pas, l’offre repose entièrement sur l’hôpital et les établissements médico-sociaux.
Aucun département n’a perdu de psychomotriciens depuis 2012, et la plus faible progression — les Ardennes — reste de +5,4 %. Les hausses les plus fortes dépassent 200 % : Guyane (+341,7 %), Ariège (+225,0 %), Aude (+219,0 %). La moyenne nationale décrit mal le département ordinaire : la médiane est de 18,7 contre 22,7, et 67 départements sur 101 se situent sous la moyenne.
La profession est l’une des plus féminines du champ : 92,3 % de femmes en 2024 (14 270 sur 15 453), contre 88,6 % en 2012. Le déséquilibre s’accentue : les effectifs féminins ont doublé quand les effectifs masculins n’augmentaient que de 30 %.
Note méthodologique : les effectifs proviennent du répertoire ADELI, que la DREES signale comme fragile. L’inscription y étant gratuite, les praticiens ne sont pas incités à se désinscrire à la cessation d’activité, ce qui surestime les effectifs en exercice ; à l’inverse, les nouveaux diplômés tardent parfois à s’enregistrer, ce qui sous-estime la part des plus jeunes. Sur une profession dont les effectifs doublent en douze ans, le second biais pèse probablement davantage. Le répertoire ne dit rien du volume d’activité : un praticien à temps partiel y compte autant qu’un praticien à plein temps. Les psychomotriciens sont classés selon le département de leur activité principale, non selon leur domicile. Les densités rapportent ces effectifs à la population estimée par l’Insee au 1er janvier de la même année, sans standardisation par âge, alors que la patientèle de la profession se concentre aux deux extrémités de la vie. Source : DREES, La démographie des professionnels de santé depuis 2012, Psychomotriciens ADELI 2012-2024.