ÉCONOMIE · FINANCES PUBLIQUES · FRANCE · 1978-2025
Évolution de la dette publique de la France de 1978 à 2025

Fin 2025, la dette publique de la France atteint 3 460,1 milliards d’euros, soit 115,7 % du PIB. En 1978, première année de la série publiée par l’Insee, elle s’élevait à 74,5 milliards, soit 21,6 % du PIB. Le montant a été multiplié par 46, et le ratio rapporté à la richesse produite a été multiplié par plus de cinq.
La progression n’a rien de régulier. Le point bas de la série se situe en 1980, à 21,3 % du PIB. Le ratio franchit ensuite 40 % au début des années 1990, 60 % au tournant des années 2000, puis 80 % après la crise financière de 2008. Chaque crise produit un décrochage que les périodes de reprise ne résorbent pas : la dette monte par paliers et ne redescend pratiquement jamais à son niveau antérieur.
L’année 2020 illustre ce mécanisme. Le ratio bondit de 98,2 % à 114,9 % du PIB en un an, sous l’effet conjoint des dépenses de crise sanitaire et de la contraction du PIB. Il reflue ensuite jusqu’à 109,5 % en 2023 — non par désendettement, puisque le montant en euros continue d’augmenter, mais parce que l’inflation gonfle le PIB nominal au dénominateur. Depuis 2024, la hausse a repris sur les deux mesures.
La décomposition par sous-secteur montre où se concentre la dette. L’État en porte l’essentiel : 2 822,7 milliards fin 2025, soit plus de 80 % du total. Les administrations de sécurité sociale constituent le poste dont la trajectoire a le plus changé : quasi nulle jusqu’au milieu des années 1990, leur dette atteint 292,6 milliards en 2025, avec une accélération marquée après 2020. Les administrations locales progressent plus lentement, de 23,7 à 275,7 milliards sur la période, tandis que les organismes divers d’administration centrale refluent depuis leur pic de 2010.
Note méthodologique : il s’agit de la dette au sens de Maastricht, mesurée en valeur nominale au 31 décembre de chaque année et consolidée entre administrations, conformément au règlement européen n° 3605. Elle diffère de la dette nette, qui déduit les actifs financiers des administrations, et de la dette de l’État seule. Les courbes sont exprimées en pourcentage du PIB ; les montants en milliards d’euros courants figurent dans l’infobulle et dans le fichier téléchargeable. Les euros ne sont pas corrigés de l’inflation, ce qui amplifie la pente des montants sur longue période. Source : Insee, comptes nationaux annuels — base 2020.








