MÉDIAS · PERCEPTION DE L’INDÉPENDANCE · FRANCE · 2025
Pourquoi les Français doutent des informations diffusées par les médias (2025)

La page 97 de l’étude Arcom Les Français et l’information demande les raisons de la défiance envers les informations diffusées par les médias. Comme pour les actions de vérification, la question n’est posée qu’aux 1 366 personnes qui doutent toujours ou souvent, et non à l’ensemble des Français. Chaque répondant classe jusqu’à trois raisons ; le graphique distingue celle citée en premier du total des trois citations.
Les deux premières raisons touchent aux contraintes qui pèsent sur les journalistes, pas à leurs compétences. Les pressions politiques — gouvernement, partis, puissances étrangères — arrivent en tête (52 %), devant la course aux scoops et au sensationnalisme (48 %). Les deux sont citées en première raison par 21 % des répondants chacune : elles sont strictement à égalité sur ce critère, et ne se départagent que sur le total.
Ce résultat prolonge celui de la question ouverte sur les menaces, où l’influence politique est devenue en 2025 la première menace citée spontanément pour la fiabilité de l’information. Les deux mesures, l’une libre et l’autre sur liste, convergent.
Trois évolutions sont significatives depuis 2023, et elles dessinent un déplacement net du reproche. La pression des propriétaires de médias recule de 47 à 42 % — seul recul du tableau. À l’inverse, deux critiques visant le comportement des journalistes eux-mêmes progressent : « ils défendent leur opinion au lieu de présenter des faits » passe de 23 à 28 % (+5 points) et « ils vivent dans une bulle, loin de la vie des gens » de 17 à 21 % (+4 points).
Le grief se déplace donc des structures vers les personnes : on met moins en cause l’actionnariat des médias, davantage la posture et l’éloignement social des journalistes. Les critiques de compétence (« ils connaissent mal les sujets », 21 %) et de moyens (« ils travaillent dans de mauvaises conditions », 14 %) restent, elles, stables et en bas de classement.
Le rapport entre les deux mesures révèle un écart intéressant. La course au sensationnalisme est citée en premier dans 44 % des cas où elle est mentionnée, contre 40 % pour les pressions politiques et seulement 29 % pour les critiques de compétence ou de conditions de travail. Autrement dit, quand le sensationnalisme est cité, c’est plus souvent comme grief principal ; les autres reproches viennent plutôt en appoint.
Note méthodologique : la base est restreinte aux 1 366 répondants qui doutent souvent ou toujours. Ces pourcentages ne se transposent pas à l’ensemble des Français : rapportés à la population intéressée par l’actualité, ils devraient être multipliés par la part de doutants (47 %). La mesure « parmi les trois premières » englobe la première raison : chaque barre est décomposée en deux segments dont la somme donne le total affiché en bout de barre. Les « premières raisons » somment à 100 % (une seule par répondant), les totaux non. Les flèches ↑ et ↓ signalent une évolution statistiquement significative depuis 2023 ; les écarts non fléchés ne doivent pas être interprétés. Champ : France (métropole et outre-mer), terrain juin-juillet 2025. Source : Arcom, Les Français et l’information, 2e édition, janvier 2026.








