MÉDIAS & RÉSEAUX SOCIAUX · INFORMATION ET ACTUALITÉ · FRANCE · 2025
Craintes des Français à propos des réseaux sociaux (2025)

La page 66 de l’étude Arcom Les Français et l’information est le pendant critique des raisons de s’informer via les réseaux sociaux : elle recense les craintes exprimées par leurs utilisateurs. Chaque répondant désigne au maximum trois phrases correspondant le mieux à sa situation. Base : 2 039 utilisateurs de réseaux sociaux.
La crainte d’être exposé à de fausses informations arrive largement en tête et progresse : 58 %, contre 55 % en 2023 — une hausse que l’Arcom signale comme statistiquement significative. Elle devance de 17 points la deuxième crainte du classement.
Le vol de données personnelles arrive deuxième avec 41 %, mais c’est surtout le seul recul marqué du tableau : −9 points par rapport aux 50 % de 2023, baisse elle aussi significative. Les deux premières craintes évoluent donc en sens contraire — l’inquiétude se déplace du traitement des données vers le contenu lui-même.
Suivent l’exposition à des propos violents ou agressifs (34 %, contre 36 % en 2023), la submersion informationnelle — ne plus pouvoir déconnecter — (25 %), l’enfermement thématique (20 %) et la crainte de passer à côté d’informations importantes (19 %, en baisse significative depuis 22 %).
La crainte de l’enfermement dans une bulle d’opinion — ne recevoir que des informations de gens qui pensent comme soi — ferme le classement des craintes avec 14 %. C’est un résultat notable : le phénomène le plus commenté dans le débat public sur les réseaux sociaux est celui que les utilisateurs redoutent le moins.
Seuls 10 % déclarent n’avoir aucune crainte, un niveau strictement stable depuis 2023. Autrement dit, neuf utilisateurs sur dix expriment au moins une inquiétude — alors même que, interrogés sur leurs motivations, ils mettent en avant le confort d’accès. Les deux pages de l’étude se lisent ensemble : on utilise ces plateformes pour la commodité, pas par confiance.
Trois craintes sont significativement sur-représentées dans certaines cibles. Les plus de 59 ans redoutent bien davantage les fausses informations (67 % contre 58 % en moyenne). Les moins de 25 ans se distinguent sur deux points : le vol de données personnelles (46 % contre 41 %) et l’enfermement dans une bulle d’opinion (22 % contre 14 %, soit une fois et demie la moyenne). Les 25-34 ans, eux, craignent plus que les autres de ne plus pouvoir déconnecter (29 % contre 25 %).
Note méthodologique : question à réponses multiples plafonnées à trois, les pourcentages ne somment donc pas à 100 % et chaque item est mécaniquement bridé par la concurrence des autres. La base est restreinte aux utilisateurs de réseaux sociaux (2 039 répondants), et non à l’ensemble des Français. Les flèches ↑ et ↓ signalent une évolution statistiquement significative par rapport à 2023 ; les écarts non fléchés ne doivent pas être interprétés comme des tendances. Champ : France (métropole et outre-mer), terrain juin-juillet 2025. Source : Arcom, Les Français et l’information, 2e édition, janvier 2026.








