SANTÉ · PROFESSIONS DE SANTÉ · FRANCE · 2024
Densité d’orthophonistes par département en 2024

L’orthophoniste prend en charge les troubles du langage, de la parole, de la voix et de la déglutition, chez l’enfant comme chez l’adulte. La DREES en compte 25 161 en activité au 1er janvier 2024, contre 19 418 en 2012 (+29,6 %), soit 37,0 pour 100 000 habitants.
C’est, de très loin, la profession de santé la plus féminine. Les femmes y représentent 97,3 % des effectifs (24 494 sur 25 161). Le déséquilibre dépasse celui des diététiciens (92,4 %) et des ergothérapeutes (87,5 %). Il s’accentue même : les hommes étaient 679 en 2012, ils ne sont plus que 667. C’est la seule profession de notre série où l’effectif masculin recule en valeur absolue pendant que le total progresse de près d’un tiers.
La Réunion arrive en tête du classement avec 69,2 orthophonistes pour 100 000 habitants, devant l’Indre-et-Loire (65,1), le Rhône (64,6) et le Nord (62,9). En bas de tableau : le Cantal (9,1), dernier de métropole, la Guyane (9,6) et les Deux-Sèvres (12,6). Mayotte ferme la marche avec 2,3. L’écart métropolitain atteint 7,6 pour 1, l’un des plus larges de nos classements de santé.
La moyenne nationale décrit très mal le département ordinaire. La médiane départementale n’est que de 31,9, soit 14 % sous la moyenne de 37,0, et 72 départements sur 101 se situent sous cette moyenne — la proportion la plus élevée que nous ayons mesurée. Une poignée de départements très dotés tire l’ensemble vers le haut.
C’est une profession libérale à 85 %. Les libéraux ou mixtes sont 21 418, contre 1 704 salariés hospitaliers et 2 039 autres salariés. La croissance est venue du libéral (+33,9 % depuis 2012) et de l’hôpital (+24,1 %), tandis que les autres salariés stagnaient (2 049 → 2 039). La part libérale varie fortement : de 57 % à Mayotte et 62 % en Guyane — où l’offre repose sur les établissements — à 95 % dans les Vosges et 94 % en Haute-Vienne.
Dix départements ont perdu des orthophonistes depuis 2012. La Nièvre en perd près d’un tiers (−31,8 %), devant la Seine-Saint-Denis (−16,4 %), l’Essonne (−15,3 %) et la Lozère (−15,0 %). À l’inverse, les Pyrénées-Atlantiques (+80,6 %), le Morbihan (+79,7 %) et la Haute-Corse (+77,8 %) ont vu leurs effectifs près de doubler.
Note méthodologique : les effectifs proviennent du répertoire ADELI, que la DREES signale comme fragile. L’inscription y étant gratuite, les praticiens ne sont pas incités à se désinscrire à la cessation d’activité, ce qui surestime les effectifs en exercice ; à l’inverse, les nouveaux diplômés tardent parfois à s’enregistrer, ce qui sous-estime la part des plus jeunes. Pour limiter le premier biais, la DREES ne retient que les professionnels de moins de 62 ans. Les orthophonistes sont classés selon le département de leur activité principale, non selon leur domicile. Les densités rapportent ces effectifs à la population estimée par l’Insee au 1er janvier de la même année, sans standardisation par âge, alors que la patientèle de la profession est en grande partie composée d’enfants. Source : DREES, La démographie des professionnels de santé depuis 2012, Orthophonistes ADELI 2012-2024.








