SANTÉ · PROFESSIONS DE SANTÉ · FRANCE · 2024
Densité d’opticiens-lunetiers par département en 2024

Les opticiens-lunetiers sont 44 238 en activité au 1er janvier 2024, contre 23 309 en 2012 : leurs effectifs ont presque doublé en douze ans (+89,8 %). La densité est passée de 35,7 à 65,0 pour 100 000 habitants. C’est la profession de santé la plus nombreuse de celles que nous avons classées après les soignants proprement dits.
Aucun département n’a perdu d’opticiens. Les 101 départements en ont gagné depuis 2012, et la plus faible progression — la Haute-Corse — reste de +42,1 %. Les hausses les plus fortes dépassent 170 % : Gironde (+176,7 %), Guadeloupe (+173,7 %), La Réunion (+169,2 %). C’est le seul de nos classements de santé où la croissance est aussi générale.
Paris arrive nettement en tête avec 134,1 opticiens pour 100 000 habitants, soit 59 % de plus que le deuxième, le Rhône (84,3), devant la Vendée (82,3) et la Haute-Garonne (82,2). En bas de tableau : la Haute-Corse (28,8), dernière de métropole, la Corse-du-Sud (34,2) et la Seine-Saint-Denis (39,4). Mayotte ferme la marche avec 5,8. L’écart métropolitain est de 4,7 pour 1.
Le classement mesure une implantation commerciale, pas une offre de soins. Un opticien est rattaché au département de son magasin : le score parisien reflète une densité de points de vente alimentée par les actifs et les visiteurs, pas par les seuls résidents. C’est aussi ce qui explique la présence en haut de tableau de départements touristiques ou à forte activité commerciale — Vendée, Jura, Savoie — devant des départements bien plus peuplés.
C’est une profession salariée à 81 %. Les salariés sont 35 679, contre 8 559 libéraux ou mixtes (19,3 %). L’hôpital n’emploie que 34 opticiens dans toute la France : le graphique ne sépare donc que deux postes. La part libérale — les indépendants propriétaires de leur magasin — varie du simple au huituple selon les départements : de 6,3 % dans les Ardennes à 49,0 % dans le Var, devant la Lozère (32,5 %) et les Hautes-Alpes (31,4 %).
La croissance est venue des enseignes. Les salariés hors hôpital sont passés de 16 961 à 35 645 depuis 2012, soit plus du double, quand les libéraux n’augmentaient que de 6 343 à 8 559 (+34,9 %). La profession s’est aussi féminisée nettement : 62,4 % de femmes en 2024 contre 53,9 % en 2012.
Une précaution de lecture sur la moyenne. Les 65,0 opticiens pour 100 000 habitants ne décrivent pas le département typique : la médiane départementale est de 60,3 et 64 départements sur 101 se situent sous la moyenne, que Paris tire vers le haut.
Note méthodologique : les effectifs proviennent du répertoire ADELI, que la DREES signale comme fragile. L’inscription y étant gratuite, les professionnels ne sont pas incités à se désinscrire à la cessation d’activité, ce qui surestime les effectifs en exercice ; à l’inverse, les nouveaux diplômés tardent parfois à s’enregistrer, ce qui sous-estime la part des plus jeunes. Pour limiter le premier biais, la DREES ne retient que les professionnels de moins de 62 ans. Les opticiens sont classés selon le département de leur activité principale, non selon leur domicile. Mayotte ne porte aucun effectif en 2012, ce qui interdit d’y calculer une évolution. Les densités rapportent ces effectifs à la population estimée par l’Insee au 1er janvier de la même année, sans standardisation par âge, alors que le besoin en correction optique croît fortement avec l’âge. Source : DREES, La démographie des professionnels de santé depuis 2012, Opticiens-lunetiers ADELI 2012-2024.








