MÉDIAS · PERCEPTION DE L’INDÉPENDANCE · FRANCE · 2025
Perception de l’indépendance des médias publics et privés (2025)

La page 98 de l’étude Arcom Les Français et l’information soumet trois propositions sur l’indépendance des médias, chacune sous forme de choix binaire. Base : l’ensemble de la population, soit 3 377 Français de 15 ans et plus — et non les seules personnes intéressées par l’actualité, comme dans les pages précédentes.
Les trois propositions donnent une majorité à la perception d’une dépendance, mais avec des écarts notables. 63 % estiment que dans les médias privés, les informations tiennent compte des intérêts de leur propriétaire. 54 % jugent la télévision publique soumise au gouvernement, et 52 % la radio publique.
Le résultat le plus net est que la suspicion vise davantage le privé que le public. Seuls 37 % croient à l’indépendance éditoriale des médias privés vis-à-vis de leur actionnaire, contre 46 % pour la télévision publique et 48 % pour la radio publique face au gouvernement. L’écart atteint 11 points entre la radio publique et les médias privés.
C’est un résultat contre-intuitif au regard du débat public français, où la question de l’indépendance de l’audiovisuel public occupe une place bien plus visible que celle de l’actionnariat des médias privés. Dans l’opinion, le rapport est inverse.
Entre les deux médias publics, l’écart est minime : la radio publique est jugée légèrement plus indépendante (48 %) que la télévision publique (46 %), soit 2 points — trop peu pour être interprété comme un écart de perception réel.
Ce résultat prolonge celui des raisons du doute envers les médias, où la pression des propriétaires figurait en troisième position (42 %) parmi ceux qui doutent souvent. Les deux mesures ne portent cependant pas sur la même base ni sur le même registre : l’une demande d’expliquer un doute déjà exprimé, l’autre soumet une proposition à l’ensemble de la population.
Note méthodologique : la question impose un choix binaire, sans position neutre ni possibilité de ne pas se prononcer. Ce format gonfle mécaniquement les deux camps et ne permet pas de distinguer une conviction d’un simple penchant — contrairement aux questions à quatre ou cinq degrés utilisées ailleurs dans l’étude. Les répondants sans opinion sont contraints de trancher, ce qui rapproche vraisemblablement les résultats de 50 / 50. Les majorités de 52 % et 54 % sur l’audiovisuel public doivent donc être lues avec prudence ; celle de 63 % sur les médias privés est en revanche trop large pour s’expliquer par ce seul effet. Question nouvelle dans cette édition, sans historique. Champ : France (métropole et outre-mer), terrain juin-juillet 2025. Source : Arcom, Les Français et l’information, 2e édition, janvier 2026.








