SANTÉ · PROFESSIONS DE SANTÉ · FRANCE · 2024
Densité d’ergothérapeutes par département en 2024

L’ergothérapeute aide les personnes dont l’autonomie est limitée — après un accident, une maladie, ou du fait de l’âge — à retrouver les gestes du quotidien. La DREES en compte 15 651 en activité au 1er janvier 2024, contre 7 786 en 2012 : les effectifs ont doublé en douze ans. La densité est passée de 11,9 à 23,0 pour 100 000 habitants.
La Meurthe-et-Moselle arrive en tête avec 45,7 ergothérapeutes pour 100 000 habitants, devant la Lozère (44,4), les Hautes-Alpes (40,7) et la Mayenne (38,0). En bas de tableau : la Haute-Loire (11,0), dernière de métropole, l’Yonne (12,5) et les Alpes-Maritimes (14,2). Mayotte ferme la marche avec 4,2. L’écart en métropole est de 4,1 pour 1.
C’est une profession salariée, et elle le reste. 80 % des ergothérapeutes sont salariés en 2024 — 7 126 à l’hôpital (45,5 %) et 5 435 ailleurs (34,7 %) — contre 3 090 libéraux ou mixtes (19,7 %). L’exercice libéral a pourtant été multiplié par 5,9 depuis 2012, où il ne comptait que 527 praticiens : il progresse vite, mais de très loin. En Meurthe-et-Moselle, première du classement, 86,5 % des ergothérapeutes sont salariés.
Le classement suit donc l’équipement en établissements, pas la richesse ni le soleil. C’est ce qui le distingue nettement de celui des diététiciens, profession devenue majoritairement libérale. Les deux cartes ne se superposent pas : la corrélation de rang entre elles n’est que de 0,31. Les Alpes-Maritimes sont 11es pour les diététiciens (32,9) mais 98es pour les ergothérapeutes (14,2) ; la Meurthe-et-Moselle fait l’inverse, 1re ici et 29e là-bas.
La moyenne nationale est proche du département médian, ce qui est rare dans ces classements : 23,0 contre une médiane de 22,3, et 56 départements sur 101 sous la moyenne. Aucun département n’écrase les autres comme Paris le fait pour les médecins ou les dentistes : l’écart maximal en métropole reste de 4,1 pour 1, l’un des plus resserrés que nous ayons mesurés sur une profession de santé.
Attention aux petits départements. La Lozère, deuxième du classement, compte trente-quatre ergothérapeutes, et les Hautes-Alpes cinquante-sept. À cette échelle, quelques recrutements dans un seul établissement suffisent à déplacer le département de plusieurs rangs.
La profession est féminine à 87,5 % (13 693 femmes sur 15 651), une proportion stable depuis 2012.
Note méthodologique : les effectifs proviennent du répertoire ADELI, que la DREES signale comme fragile. L’inscription y étant gratuite, les praticiens ne sont pas incités à se désinscrire à la cessation d’activité, ce qui surestime les effectifs en exercice ; à l’inverse, les nouveaux diplômés tardent parfois à s’enregistrer, ce qui sous-estime la part des plus jeunes. Pour limiter le premier biais, la DREES ne retient que les professionnels de moins de 62 ans. Les praticiens sont classés selon le département de leur activité principale, non selon leur domicile : un département qui héberge un centre de réadaptation concentre donc des professionnels qui prennent en charge des patients venus d’ailleurs. Les densités rapportent ces effectifs à la population estimée par l’Insee au 1er janvier de la même année, sans standardisation par âge, alors que le besoin en ergothérapie croît fortement avec l’âge. Source : DREES, La démographie des professionnels de santé depuis 2012, Ergothérapeutes ADELI 2012-2024.








