ÉDUCATION · PISA · NUMÉRIQUE ET IA · 2025
Part d’élèves dont l’établissement interdit le téléphone au PISA 2025 – 91 pays et territoires

Le tableau I.6 du rapport PISA 2025 indique la part d’élèves scolarisés dans un établissement où l’usage du téléphone portable est interdit. Dans l’OCDE, elle atteint 49,5 % — soit à peine un élève sur deux.
L’écart entre pays est considérable. La Grèce arrive en tête avec 98,3 %, suivie de l’Albanie (95,9 %), du Monténégro (94,5 %), de Brunei (90,3 %) et des Émirats arabes unis (90,1 %). À l’opposé, la Finlande ne compte que 5,2 % d’élèves concernés, devant la Thaïlande (8,0 %), les régions ukrainiennes (9,8 %) et la Lituanie (11,3 %).
L’Europe occidentale est très dispersée : de la Grèce (1re) à la Finlande (91e) en passant par l’Espagne (86,3 %, 12e), le Royaume-Uni (80,3 %, 28e), l’Allemagne (64,3 %, 39e) et l’Italie (63,2 %, 40e). Il n’existe donc aucune position européenne commune sur ce sujet.
Le cas français mérite une explication. La France ne compte que 27,1 % d’élèves en établissement interdisant le téléphone — 77e rang sur 91 — alors qu’une loi de 2018 interdit le portable à l’école et au collège. L’explication tient vraisemblablement au champ de l’enquête : PISA interroge des élèves de 15 ans, dont une large part est déjà scolarisée au lycée, où l’interdiction légale ne s’applique pas de la même manière et relève du règlement intérieur de chaque établissement. Le chiffre reflète donc davantage la situation des lycées que celle des collèges. Cette interprétation n’est toutefois pas vérifiable dans le rapport, qui ne détaille pas la répartition des élèves interrogés par niveau.
Un lien apparaît avec la distraction ressentie. La corrélation entre l’interdiction du téléphone et la part d’élèves déclarant ne pas être distraits par les appareils numériques atteint +0,42 — le lien le plus net que présente cet indicateur. C’est cohérent, sans pour autant établir une causalité : les pays qui interdisent peuvent aussi être ceux où la distraction était déjà perçue comme un problème, ou inversement.
En revanche, l’interdiction n’est pas associée à de meilleurs résultats : la corrélation avec le score en sciences est de −0,19, faible et de signe négatif. Ce résultat ne doit pas se lire comme un effet néfaste de l’interdiction, mais comme un effet de composition : les pays qui interdisent le plus — Albanie, Monténégro, Brunei, Émirats — figurent souvent parmi les systèmes aux scores les plus modestes, tandis que la Finlande, dernière du classement, obtient 504 points.
Note méthodologique : l’indicateur porte sur l’existence d’une interdiction déclarée au niveau de l’établissement, et non sur son application effective ni sur l’usage réel des téléphones par les élèves. Il ne distingue pas les interdictions totales des restrictions partielles. Pour l’Albanie, le Canada, les États-Unis, la Norvège, la Nouvelle-Zélande et les Pays-Bas, une ou plusieurs normes d’échantillonnage n’ont pas été respectées. Source : OCDE, Résultats du PISA 2025 (volume I), tableau I.6, septembre 2026. Voir aussi la capacité numérique des établissements.








