ÉDUCATION · PISA · INÉGALITÉS SCOLAIRES · 2025
Écart de score en sciences entre élèves favorisés et défavorisés au PISA 2025 – 90 pays et territoires

Le tableau I.2 du rapport PISA 2025 mesure l’écart de score en sciences entre les élèves socio-économiquement favorisés (quart supérieur de l’indice SESC de leur pays) et les élèves défavorisés (quart inférieur). Plus cet écart est large, plus l’origine sociale conditionne la réussite scolaire.
Dans l’OCDE, l’écart moyen atteint 85 points. Rapporté au repère de l’OCDE — une année de scolarité vaut de 20 à 30 points sur l’échelle PISA —, cela représente déjà trois à quatre années de compétences entre les deux extrémités de l’échelle sociale.
La France figure au 10e rang sur 90 avec 100 points d’écart, soit 15 de plus que la moyenne de l’OCDE. Elle se classe ainsi parmi les dix systèmes éducatifs où l’origine sociale pèse le plus lourd. Seuls 26 pays dépassent la moyenne de l’OCDE, ce qui souligne le caractère atypique de la position française parmi les pays comparables.
Les écarts les plus importants concernent la Zambie (177 points), le Luxembourg (130), l’Allemagne (125), la Roumanie (122) et la République slovaque (114). L’Allemagne et le Luxembourg partagent avec la France une caractéristique commune : un niveau moyen correct associé à de fortes inégalités internes.
Une précaution de lecture indispensable. Les pays affichant les écarts les plus faibles ne sont pas nécessairement les plus équitables au sens où on l’entend habituellement : le Kenya (8 points), le Cambodge (9) et l’Ouzbékistan (22) obtiennent des scores moyens très bas — respectivement 335, 382 et 438 points. Lorsque le niveau général est faible, l’écart entre groupes sociaux se réduit mécaniquement : il reste peu de marge pour se différencier. Un écart resserré peut donc traduire une égalité dans la difficulté plutôt qu’une réussite du système.
Les cas intéressants sont ceux qui conjuguent niveau élevé et faible écart : Macao (45 points d’écart pour un score de 541), Hong Kong (69 pour 496) et le Canada (59 pour 510) s’en approchent le mieux. Ces systèmes montrent qu’un haut niveau moyen n’impose pas de fortes inégalités sociales.
Note méthodologique : les élèves « favorisés » et « défavorisés » sont définis par les quarts extrêmes de l’indice SESC de leur propre pays ; les seuils diffèrent donc d’un pays à l’autre et les comparaisons internationales portent sur des positions relatives. Le tableau I.2 comporte deux colonnes du même intitulé : celle reprise ici est l’écart de score en 2025, et non son évolution depuis 2022 — cette dernière est de −13 points pour l’OCDE et de −21 pour la France, l’écart social s’étant donc resserré, principalement par la baisse des élèves favorisés. Le Costa Rica, dont les données ne sont pas publiées, ne figure pas au classement. Source : OCDE, Résultats du PISA 2025 (volume I), tableau I.2, septembre 2026. Voir aussi la part d’élèves défavorisés résilients.








