ÉDUCATION · PISA · ÉQUITÉ SCOLAIRE · 2025
Part d’élèves défavorisés résilients sur le plan scolaire au PISA 2025 – 90 pays et territoires

Un élève est dit résilient sur le plan scolaire lorsqu’il appartient au quart le plus défavorisé de son pays selon l’indice socio-économique de l’OCDE, mais figure malgré tout dans le quart supérieur des performances en sciences de ce même pays. L’indicateur mesure donc la capacité d’un système éducatif à faire réussir des élèves d’origine modeste.
Comment lire ce classement — et c’est essentiel. La mesure est relative à chaque pays. Si l’origine sociale n’avait aucune influence sur les résultats, les élèves du quart inférieur auraient exactement une chance sur quatre d’atteindre le quart supérieur : la part de résilients serait de 25 %. Ce chiffre constitue donc un plafond théorique, et l’écart qui en sépare un pays mesure le poids du déterminisme social.
Cette mécanique explique un résultat déroutant au premier regard : le Kenya arrive en tête avec 25,7 %, alors que son score moyen en sciences (335 points) est l’un des plus faibles du monde. L’origine sociale n’y explique que 0,2 % des écarts de résultats — mais le niveau général y est si bas que la réussite scolaire ne dépend guère du milieu. Une forte part de résilients ne signifie donc pas un bon système éducatif : elle signifie un système où l’origine sociale pèse peu, quel que soit le niveau atteint.
Le cas réellement remarquable est celui de Macao : 18,7 % d’élèves résilients et un score de 541 points en sciences, troisième mondial. C’est la combinaison la plus rare — un niveau élevé qui ne dépend que faiblement de l’origine sociale. Le Japon (13,0 % pour 538 points) et l’Estonie (11,7 % pour 527 points) s’en approchent.
La France se classe 66e sur 90 avec 11,0 %, sous la moyenne de l’OCDE (11,9 %). Le tableau I.2 le confirme par une autre mesure : l’indice socio-économique y explique 13,5 % de la variance des résultats, contre 11,6 % en moyenne dans l’OCDE. L’écart de score entre élèves favorisés et défavorisés atteint 100 points en France, contre 85 en moyenne — l’équivalent de plus de trois années de scolarité.
À l’autre extrémité du classement, la Zambie (3,8 %), la Roumanie (7,0 %), le Luxembourg (6,8 %) et l’Allemagne (8,5 %) présentent les systèmes les plus socialement déterminés. L’Allemagne cumule un bon niveau moyen (486 points) avec un déterminisme social marqué : l’origine sociale y explique 19 % de la variance des résultats, et l’écart favorisés-défavorisés atteint 125 points.
Note méthodologique : l’indice SESC (statut économique, social et culturel) de l’OCDE combine le niveau d’éducation des parents, leur profession et les ressources du foyer. Les élèves « défavorisés » sont ceux du quart inférieur de cet indice dans leur propre pays ; les comparaisons internationales portent donc sur des seuils nationaux différents. La part de résilients et le score moyen sont deux mesures indépendantes : la première décrit l’équité interne, la seconde le niveau. Le Costa Rica, dont les données ne sont pas publiées dans ce tableau, ne figure pas au classement. Source : OCDE, Résultats du PISA 2025 (volume I), tableau I.2, septembre 2026. Voir aussi le classement par score en sciences.








