MÉDIAS · ACCÈS À UNE INFORMATION FIABLE · FRANCE · 2025
Facilité perçue d’accès à une information fiable (2025)

La page 89 de l’étude Arcom Les Français et l’information pose une question différente de celle de la confiance : non pas si l’on croit l’information, mais s’il est facile d’y accéder de façon fiable. L’intitulé exact : « Personnellement, estimez-vous aujourd’hui qu’il est facile ou difficile d’avoir accès à une information fiable en France sur la politique, l’économie, la société ou l’environnement ? » Base : 2 939 Français intéressés par l’actualité générale et politique.
Les répondants sont presque également partagés : 54 % jugent l’accès facile, 46 % difficile. Dans le détail : 8 % très facile, 46 % plutôt facile, 37 % plutôt difficile, 9 % très difficile.
Deux observations sur la forme de cette distribution.
D’abord, aucune position neutre n’est proposée. Contrairement à la question sur la confiance, où 36 % des répondants ne tranchaient pas, celle-ci force un choix. Les deux résultats ne sont donc pas directement comparables : le 54 % d’ici n’a pas le même statut que le 37 % de là.
Ensuite, les convictions tranchées sont minoritaires des deux côtés : 8 % de « très facile » contre 9 % de « très difficile ». 83 % des répondants se situent dans les deux modalités intermédiaires, et comme pour la confiance, l’extrémité négative l’emporte de peu sur l’extrémité positive.
L’évolution depuis 2023 est de −1 point (55 % jugeaient alors l’accès facile), et n’est pas signalée comme statistiquement significative. Des chiffres publiés on peut déduire que les deux extrêmes sont restés strictement inchangés — 55 − 47 = 8 et 45 − 36 = 9 — et que le mouvement, déjà minime, ne porte que sur les modalités intermédiaires.
Le partage entre les deux camps suit une ligne très nette : celle du rapport à l’information elle-même. Jugent l’accès facile : les moins de 25 ans (64 %), les convaincus de l’indépendance des médias (63 %), ceux qui utilisent l’IA pour s’informer (61 %), les « hyper-informés » (60 %), les 25-34 ans (59 %) et ceux qui s’informent plus qu’auparavant (57 %). Jugent l’accès difficile : les « abandonnistes » (61 %), les critiques de l’indépendance des médias (59 %), les plus de 59 ans (53 %) et les « distants » (51 %).
Deux enseignements en découlent. La difficulté perçue accompagne le désengagement : ceux qui se sont détournés de l’information sont aussi ceux qui la jugent difficile d’accès — sans qu’on puisse déterminer le sens de la relation. Et le jugement sur l’indépendance des médias structure fortement la réponse (63 % contre 59 % de part et d’autre), ce qui n’a rien d’étonnant : les deux questions touchent à la même appréciation générale du système d’information.
Note méthodologique : la base est restreinte aux Français intéressés par l’actualité générale et politique (2 939 répondants) ; rapportée à l’ensemble de la population, la part jugeant l’accès difficile serait vraisemblablement supérieure. La question ne comporte pas de modalité neutre, ce qui gonfle mécaniquement les deux camps par rapport à une question à cinq degrés. Le signe « + » de l’infographie signale une sur-représentation statistiquement significative. Champ : France (métropole et outre-mer), terrain juin-juillet 2025. Source : Arcom, Les Français et l’information, 2e édition, janvier 2026.








