MÉDIAS · ATTENTES ENVERS LES CRÉATEURS DE CONTENUS · FRANCE · 2025
Ce que les Français attendent des créateurs de contenus (2025)

La page 113 de l’étude Arcom Les Français et l’information reprend les treize missions soumises aux répondants pour les journalistes, et les pose cette fois pour les créateurs de contenus : « Pour vous, les créateurs de contenus (YouTubeurs, streamers, influenceurs) doivent… » La question est entièrement nouvelle en 2025. Base : 2 796 personnes intéressées par l’actualité générale et politique.
Les attentes sont les mêmes qu’envers les journalistes, dans le même ordre : fournir une information fiable et vérifiée arrive en tête (87 %, dont 70 % d’indispensable), devant la détection des fausses nouvelles (86 %) et l’indépendance vis-à-vis des pouvoirs (84 %). Autrement dit, les Français appliquent aux créateurs de contenus la grille de la déontologie journalistique, alors même que rien ne les y oblige.
Mais l’exigence est partout plus basse d’un cran. Sur la part « indispensable », l’écart avec les attentes envers les journalistes est de 14 points sur l’information fiable (84 → 70 %), 13 sur l’indépendance (74 → 61 %), 13 sur la neutralité (70 → 57 %). Et la modalité « ce n’est pas important » change d’échelle : elle va de 13 à 36 % ici, contre 3 à 28 % pour les journalistes.
Le plus grand écart est le plus parlant : révéler les grands scandales politiques ou financiers. 66 % le jugent indispensable de la part d’un journaliste, 43 % seulement de la part d’un créateur — 23 points de moins, et un décrochage dans le classement : cette mission passe du sixième rang chez les journalistes au onzième chez les créateurs. L’investigation reste perçue comme un métier, pas comme une pratique.
Trois missions font exception et sont davantage attendues des créateurs que des journalistes. Présenter l’information de manière divertissante (25 → 33 %), expliquer comment ils choisissent et fabriquent l’information (48 → 53 %) et tenir compte des avis du public (40 → 44 %). Ces trois-là dessinent en creux ce que le public attend spécifiquement du format : de la transparence sur la méthode, de l’interaction, et un ton plus léger. Le fait que la transparence sur la fabrique de l’information soit plus exigée d’un créateur que d’un journaliste mérite d’être noté — d’autant que cette même attente recule de 6 points chez les journalistes depuis 2023.
Note méthodologique : la base n’est pas la même que pour les journalistes (2 796 contre 2 939 répondants) ; les comparaisons entre les deux graphiques portent donc sur des sous-populations voisines mais non identiques, et les écarts de un ou deux points doivent être lus avec prudence — ceux de dix points et plus, commentés ici, ne sont pas menacés par cette réserve. Question nouvelle en 2025, sans historique, donc sans évolution à signaler. Quatre lignes somment à 99 ou 101 % et quatre totaux publiés diffèrent d’un point de la somme des modalités affichées : ce sont des arrondis de la source, conservés tels quels. Les réponses sont déclaratives et portent sur des formulations générales, auxquelles il est peu coûteux d’adhérer ; les écarts entre missions et entre professions sont plus informatifs que les niveaux absolus. Le terme « créateurs de contenus » recouvre un ensemble hétérogène — la question cite YouTubeurs, streamers et influenceurs — dont les pratiques éditoriales n’ont rien de commun. Champ : France (métropole et outre-mer), terrain juin-juillet 2025. Source : Arcom, Les Français et l’information, 2e édition, janvier 2026.








