MÉDIAS · CONFIANCE ET INDÉPENDANCE · FRANCE · 2025
Ce que font les Français quand ils doutent d’une information (2025)

La page 94 de l’étude Arcom Les Français et l’information demande aux répondants quelles actions ils entreprennent lorsqu’ils doutent d’une information. Attention à la base : la question n’est posée qu’aux 1 366 personnes qui doutent toujours ou souvent de la fiabilité des informations diffusées par les médias — soit les 47 % identifiés page 91, et non l’ensemble des Français.
La majorité réagit par la recherche : 54 % cherchent d’autres sources ou points de vue et 42 % cherchent la source de l’information. Ce second réflexe est nettement plus fréquent chez les 25-59 ans (59 %) et les CSP+ (60 %). Loin derrière, 17 % demandent l’avis de leurs proches.
Les outils dédiés à la vérification restent marginaux. Les sites de fact-checking — AFP Factuel, Les Décodeurs, Checknews — ne sont consultés que par 11 % des répondants, et l’IA conversationnelle par 10 %. Les deux sont à égalité, ce qui mérite d’être relevé : un outil généraliste dont l’usage grand public date de 2023 atteint déjà le niveau d’outils spécifiquement conçus pour la vérification et installés depuis une décennie.
Ce parallèle appelle toutefois une réserve de fond : un outil d’IA conversationnelle n’est pas un instrument de vérification. Il produit une réponse plausible sans garantie de traçabilité ni de source, là où un site de fact-checking documente une méthode et cite ses références. L’équivalence des taux d’usage ne signifie donc pas une équivalence des pratiques.
Chez les moins de 35 ans, l’écart se creuse en faveur de l’IA : 19 % y ont recours contre 15 % pour le fact-checking. Les CSP+ utilisent les deux à 13 %.
18 % déclarent ne rien faire de spécial, et cette part monte à 27 % chez les plus de 59 ans. Rappelons qu’il s’agit de personnes qui déclarent douter toujours ou souvent de la fiabilité des informations : près d’une sur cinq exprime donc une défiance qu’elle ne cherche pas à lever. Le commentaire de la diapositive évoque à ce sujet « près d’un quart de la population » ; rapporté à la base effective de la question, le chiffre est de 18 % des personnes qui doutent souvent, ce qui ne se transpose pas directement à l’ensemble des Français.
Enfin, une seule action est tournée vers l’extérieur : signaler ou commenter l’information comme douteuse, citée par 7 % (10 % chez les moins de 35 ans). La vérification reste une démarche individuelle et silencieuse.
Note méthodologique : question à réponses multiples — les pourcentages ne somment pas à 100 % et totalisent 159 points. Il s’agit d’actions déclarées, sujettes à la désirabilité sociale : dire qu’on cherche d’autres sources est plus valorisant que reconnaître ne rien faire, et le 18 % d’inaction est vraisemblablement un plancher. Le graphique classe les actions par ordre décroissant et place l’item d’inaction en dernier, en gris. Question nouvelle dans cette édition, sans historique. Champ : France (métropole et outre-mer), terrain juin-juillet 2025. Source : Arcom, Les Français et l’information, 2e édition, janvier 2026.








