MÉDIAS · ACCÈS À UNE INFORMATION FIABLE · FRANCE · 2025
Ce qui rend une information fiable aux yeux des Français (2025)

La page 90 de l’étude Arcom Les Français et l’information demande aux répondants de compléter l’affirmation « Je pense qu’une information est fiable quand… » en retenant jusqu’à cinq critères. Base : 2 939 Français intéressés par l’actualité générale et politique.
Les trois premiers critères relèvent tous de la vérifiabilité intrinsèque de l’information, et non de son émetteur : pouvoir vérifier facilement la source (56 %), le fait qu’elle repose sur des preuves scientifiques (48 %) et qu’elle soit claire et détaillée (46 %). Suivent l’absence d’erreur ou d’incohérence (32 %), la présence d’une vidéo des événements sans filtre et la fraîcheur de l’information (25 % chacune).
Le résultat le plus significatif est la faiblesse de la caution institutionnelle. Le fait qu’une information soit reprise par un grand nombre de médias (23 %), qu’elle vienne d’un média très connu (19 %) ou qu’elle soit énoncée par un journaliste (10 %) figure loin derrière les critères de vérifiabilité. L’Arcom indique que 37 % des répondants citent au moins l’un de ces trois critères — un chiffre inférieur à la somme des trois (52 %), puisque les mêmes personnes en citent souvent plusieurs. Autrement dit, près des deux tiers des Français intéressés par l’actualité ne font intervenir aucune caution médiatique dans leur définition de la fiabilité.
À l’inverse, venir d’un média indépendant progresse significativement, de 17 à 20 %. Ce n’est donc pas la notoriété du média qui gagne du terrain, mais son indépendance supposée.
Trois évolutions sont signalées comme significatives depuis 2023, et toutes vont dans le même sens. Les preuves scientifiques passent de 44 à 48 %, la fraîcheur de l’information de 21 à 25 %, le média indépendant de 17 à 20 %. Symétriquement, le seul recul significatif concerne le bouche-à-oreille : « mes proches m’en parlent » tombe de 10 à 8 %. Les critères objectivables progressent, le critère relationnel recule.
Deux résultats de bas de classement méritent d’être relevés. « Elle confirme mes opinions » ne recueille que 8 % : le critère de conformité aux convictions personnelles, souvent invoqué dans le débat public sur les bulles informationnelles, reste marginal — du moins dans les réponses déclarées. Et seuls 2 % reconnaissent ne pas trop se soucier de la fiabilité, contre 4 % en 2023.
Note méthodologique : question à réponses multiples plafonnées à cinq, les pourcentages ne somment donc pas à 100 % et chaque item est mécaniquement bridé par la concurrence des autres. Il s’agit de critères déclarés, sujets à la désirabilité sociale : citer les preuves scientifiques ou la vérification des sources est plus valorisant que d’admettre chercher la confirmation de ses opinions — le 8 % de ce dernier item est donc vraisemblablement un plancher. Le graphique reclasse les items par ordre décroissant 2025 ; l’infographie d’origine les classe par ordre décroissant 2023. La base est restreinte aux Français intéressés par l’actualité générale et politique. Les flèches ↑ et ↓ signalent une évolution statistiquement significative ; les écarts non fléchés ne doivent pas être interprétés comme des tendances. Champ : France (métropole et outre-mer), terrain juin-juillet 2025. Source : Arcom, Les Français et l’information, 2e édition, janvier 2026.








