Sélection éditoriale ou algorithmique : ce que préfèrent les Français (2025)

MÉDIAS · ATTENTES VIS-À-VIS DE L’INFORMATION · FRANCE · 2025

Sélection éditoriale ou algorithmique : ce que préfèrent les Français (2025)

50 %préfèrent une sélection par une rédaction, contre 14 % par un algorithme
3,6 foisl’avance de la sélection éditoriale sur la sélection algorithmique
+5 pointsl’indifférence (36 %), seule évolution significative depuis 2023
59 %chez les plus de 59 ans pour la sélection éditoriale
Source : Arcom, Les Français et l’information, 2e édition (janvier 2026)France Statistiques

La page 109 de l’étude Arcom Les Français et l’information oppose deux modes de hiérarchisation de l’information. L’intitulé précise le contraste : « Dans les médias, les sujets présentés sont sélectionnés par une rédaction, des journalistes, tandis que sur les réseaux sociaux, ils le sont généralement par des programmes informatiques (algorithmes). Vous préférez qu’on vous propose des informations sélectionnées… » La question est posée aux utilisateurs de réseaux sociaux (2 039 répondants).

La sélection éditoriale l’emporte nettement : 50 % la préfèrent, contre 14 % pour la sélection algorithmique — un rapport de 3,6 pour 1. Les 36 % restants déclarent que cela leur est égal.

Mais l’évolution depuis 2023 mérite une lecture attentive, car elle ne dit pas ce qu’on pourrait croire. La préférence éditoriale recule de 53 à 50 %, et l’Arcom y voit « un attachement persistant à l’expertise journalistique ». Or la préférence algorithmique recule elle aussi, de 16 à 14 %. La seule évolution signalée comme significative est la progression de l’indifférence, de 31 à 36 %.

Autrement dit, le terrain perdu par la rédaction n’est pas gagné par l’algorithme : il est gagné par le désintérêt pour la question. Un cinquième de plus des utilisateurs de réseaux sociaux ne voit plus d’enjeu à savoir qui sélectionne l’information qu’on leur présente. C’est un résultat plus inquiétant, pour qui défend la valeur du travail éditorial, qu’une bascule vers l’algorithme.

Deux publics tiennent davantage à la sélection humaine : les plus de 59 ans (59 %) et les « hyper-informés » (53 %). On retrouve ici le clivage qui traverse toute cette édition : l’attention portée aux conditions de production de l’information se concentre chez les plus âgés et les plus engagés.

Note méthodologique : la formulation de la question associe explicitement la rédaction aux médias et l’algorithme aux réseaux sociaux. Ce cadrage n’est pas neutre : il invite à arbitrer entre deux univers plutôt qu’entre deux méthodes, et une formulation détachée de cette opposition donnerait vraisemblablement d’autres résultats. La base est restreinte aux utilisateurs de réseaux sociaux (2 039 répondants) — soit le public le plus exposé à la sélection algorithmique, ce qui rend le score de 14 % d’autant plus notable. La modalité « cela m’est égal » ne distingue pas l’indifférence assumée de l’absence d’opinion. La flèche ↑ signale une évolution statistiquement significative depuis 2023 ; les deux autres écarts ne le sont pas. Champ : France (métropole et outre-mer), terrain juin-juillet 2025. Source : Arcom, Les Français et l’information, 2e édition, janvier 2026.

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SOURCE
DÉTAILS
SOURCEArcom — Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique
LIEN SOURCEarcom.fr
DATASETLes Français et l’information, 2e édition (janvier 2026)
PAYSFrance (métropole et outre-mer)
PÉRIODETerrain juin-juillet 2025
UNITÉ% des utilisateurs de réseaux sociaux, répartition à 100 %
ÉCHANTILLON2 039 utilisateurs de réseaux sociaux