Français ayant cessé de suivre un média jugé trop influencé par ses actionnaires (2025)

MÉDIAS · PERCEPTION DE L’INDÉPENDANCE · FRANCE · 2025

Français ayant cessé de suivre un média jugé trop influencé par ses actionnaires (2025)

63 %ont déjà cessé de suivre un média jugé trop influencé par ses actionnaires
21 %le font souvent : un Français sur cinq
76 %chez les « hyper-informés », la cible la plus concernée
37 %ne l’ont jamais fait
Source : Arcom, Les Français et l’information, 2e édition (janvier 2026)France Statistiques

La page 104 de l’étude Arcom Les Français et l’information pose une question de comportement, et non d’opinion : « Avez-vous déjà cessé de suivre un média — journal, chaîne TV, radio, site — parce que vous le jugiez trop influencé par ses actionnaires ? » Base : l’ensemble de la population, 3 377 Français de 15 ans et plus.

63 % répondent oui : 42 % parfois et 21 % souvent. Autrement dit, près de deux Français sur trois déclarent avoir déjà rompu avec un média pour cette raison, et un sur cinq le fait régulièrement. Les 37 % restants ne l’ont jamais fait.

Ce chiffre déplace la question de l’opinion vers l’acte. La perception de l’indépendance mesurait un jugement ; celui-ci mesure une conséquence déclarée de ce jugement. Le passage de l’un à l’autre n’a rien d’automatique, et l’ampleur du résultat est en soi remarquable.

Comme pour le doute envers les médias, ce sont les publics les plus investis qui se détachent. Les « hyper-informés » sont 76 % à l’avoir fait, les retraités 68 %, les CSP+ 67 % et les 35-59 ans 66 %. L’Arcom mentionne également les Franciliens et ceux qui s’informent principalement en ligne. Ce n’est donc pas un comportement de retrait : il suppose de suivre assez de médias pour pouvoir en abandonner un, et de s’intéresser assez à leur actionnariat pour en faire un motif de rupture.

Ce profil recoupe exactement celui du doute envers la fiabilité des informations, où les hyper-informés étaient également sur-représentés. La défiance envers les médias n’est pas le fait de ceux qui s’en détournent, mais de ceux qui les fréquentent le plus. C’est l’un des enseignements les plus constants de cette édition.

Une coïncidence de chiffres mérite d’être écartée : 63 % est aussi la part des Français qui estiment que les médias privés tiennent compte des intérêts de leur propriétaire. Les deux questions sont distinctes — l’une porte sur un jugement général au sujet des médias privés, l’autre sur un comportement passé vis-à-vis de n’importe quel média, public ou privé — et l’identité des deux valeurs n’a aucune signification.

Note méthodologique : il s’agit d’un comportement déclaré et rétrospectif, sans horizon temporel précisé (« avez-vous déjà »). Ce type de formulation a tendance à produire des taux élevés : elle englobe toute une vie de consommation médiatique et ne distingue pas un abandon durable d’un renoncement passager. La question ne permet pas non plus de savoir quels médias ont été quittés, ni si le motif invoqué était le motif réel. Question nouvelle dans cette édition, sans historique. Champ : France (métropole et outre-mer), terrain juin-juillet 2025. Source : Arcom, Les Français et l’information, 2e édition, janvier 2026.

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SOURCE
DÉTAILS
SOURCEArcom — Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique
LIEN SOURCEarcom.fr
DATASETLes Français et l’information, 2e édition (janvier 2026)
PAYSFrance (métropole et outre-mer)
PÉRIODETerrain juin-juillet 2025
UNITÉ% des Français, répartition à 100 %
ÉCHANTILLON3 377 Français de 15 ans et plus