MÉDIAS · CONFIANCE ET INDÉPENDANCE · FRANCE · 2025
Doute des Français sur la fiabilité des informations diffusées par les médias (2025)

La page 91 de l’étude Arcom Les Français et l’information pose une question directe : « Vous arrive-t-il de douter de la fiabilité des informations diffusées par les médias ? » Quatre degrés de réponse, sans position neutre. Base : 2 939 Français intéressés par l’actualité générale et politique.
47 % doutent toujours ou souvent : 10 % toujours, 37 % souvent. C’est le chiffre mis en avant par l’Arcom, et il est stable depuis 2023 (48 %).
Mais le chiffre le plus parlant est ailleurs : seuls 5 % des répondants ne doutent jamais. En ajoutant les 48 % qui doutent « parfois », 95 % des Français intéressés par l’actualité doutent au moins occasionnellement de la fiabilité des informations médiatiques. Le doute n’est pas le fait d’une moitié du public : il est quasi universel. Ce qui distingue les répondants, ce n’est pas de douter ou non, mais la fréquence de ce doute.
Une seule évolution est signalée comme significative depuis 2023, et elle concerne précisément ce noyau : la part de ceux qui ne doutent jamais passe de 4 à 5 %. Les autres modalités bougent d’un ou deux points sans que l’écart soit significatif.
Les sur-représentations dessinent un résultat contre-intuitif. On attendrait le doute concentré chez ceux qui se détournent de l’information. Il l’est en effet — les « abandonnistes » sont à 54 % — mais il l’est tout autant chez ceux qui s’y investissent le plus : les « hyper-informés » (52 %) et ceux qui déclarent s’informer plus qu’auparavant (53 %) doutent également plus que la moyenne. Le doute n’est donc pas l’envers de l’engagement informationnel : il l’accompagne.
Les autres cibles sur-représentées : les critiques de l’indépendance des médias (64 %, le niveau le plus élevé, ce qui n’a rien d’étonnant), ceux qui s’informent principalement via les réseaux sociaux (59 %), les 25-34 ans (58 %), les utilisateurs d’outils d’IA pour s’informer (54 %) et les moins de 25 ans (54 %).
Ce résultat éclaire une tension apparente avec la mesure de la confiance, où les 25-34 ans figuraient déjà parmi les plus défiants. Les deux questions ne portent cependant pas sur le même objet : l’une évalue la confiance envers « la plupart des informations », l’autre le doute envers les informations diffusées par les médias. Les niveaux ne sont pas directement comparables.
Note méthodologique : la question ne propose pas de position neutre, et la modalité « parfois » est large — elle recouvre aussi bien un doute méthodique qu’un doute très épisodique. Le chiffre de 95 % doit donc se lire comme une mesure de l’extension du doute, non de son intensité. La base est restreinte aux Français intéressés par l’actualité générale et politique (2 939 répondants). Le signe « + » de l’infographie signale une sur-représentation statistiquement significative, la flèche ↑ une évolution significative depuis 2023. Champ : France (métropole et outre-mer), terrain juin-juillet 2025. Source : Arcom, Les Français et l’information, 2e édition, janvier 2026.








