SANTÉ · MORTALITÉ · DÉPARTEMENTS · FRANCE · 2024
Carte de l’âge médian au décès par département en 2024

L’Inserm-CépiDc publie, pour chacun des 101 départements, l’âge médian au décès en 2024 — l’âge en dessous duquel se situe la moitié des décès du département. La Corrèze, la Mayenne et le Tarn arrivent en tête avec 86 ans ; Mayotte ferme le classement avec 61 ans, soit 25 ans d’écart.
Cet écart ne mesure pas la qualité de la santé : il mesure d’abord la structure par âge de la population. L’âge médian au décès dépend mécaniquement du nombre de personnes âgées qui résident dans le département. À Mayotte, la moitié de la population a moins de 18 ans et les personnes très âgées sont rares : la médiane des décès s’en trouve tirée vers le bas, sans que cela dise quoi que ce soit du risque de mourir à un âge donné. Pour comparer la mortalité elle-même, il faut des taux standardisés par âge, qui neutralisent précisément cet effet de composition.
L’indicateur est de surcroît très resserré. Il est publié en années entières, et 83 des 101 départements se situent entre 82 et 85 ans — dont 31 à 84 ans exactement, la valeur médiane. Beaucoup de départements partagent donc la même valeur, et la même couleur sur la carte.
Le haut du classement est rural et âgé. Derrière le trio de tête, on trouve l’Aveyron, le Cantal, la Creuse, le Gers, la Haute-Loire et les Hautes-Pyrénées à 85 ans : des départements que le vieillissement et le départ des jeunes actifs ont transformés depuis des décennies. Les Alpes-Maritimes, département âgé mais urbain et littoral, s’y glissent aussi.
Le bas du classement combine deux situations différentes. D’un côté les départements d’outre-mer à population jeune : Mayotte (61 ans), la Guyane (66), La Réunion (76), la Guadeloupe (80). De l’autre, des départements métropolitains à la fois jeunes et marqués par une mortalité prématurée élevée : la Seine-Saint-Denis (78 ans), le Nord et le Pas-de-Calais (80 ans chacun). Dans ce second groupe, la composante sanitaire est réelle : ce sont des territoires où l’espérance de vie est effectivement parmi les plus basses du pays.
Sur la carte, les âges les plus bas de métropole se concentrent au nord et au nord-est. Tous les départements des Hauts-de-France sont à 81 ans ou moins, ceux du Grand Est entre 81 et 83 ans, et l’Île-de-France a une médiane régionale de 82 ans. À l’inverse, aucun département de Nouvelle-Aquitaine n’est sous 84 ans, et les âges de 85 ou 86 ans dominent dans le Massif central (Corrèze, Creuse, Cantal, Haute-Loire, Aveyron, Lot) et le Sud-Ouest (Tarn, Gers, Hautes-Pyrénées), avec un prolongement dans l’Ouest intérieur (Mayenne, Maine-et-Loire, Orne). Les départements d’outre-mer figurent en cartouches à l’ouest, chacun à sa propre échelle, et Paris et la petite couronne sont agrandis au nord-est.
Note méthodologique : le département retenu est celui du domicile de la personne décédée, et non le lieu du décès — un décès survenu dans un CHU parisien est compté dans le département de résidence. L’âge médian est publié en années entières par la source, ce qui explique le grand nombre d’ex æquo. La médiane des 101 départements est de 84 ans ; la source ne fournit pas de valeur nationale. Mayotte (61 ans) et la Guyane (66 ans), à dix ans et plus de tous les autres départements, figurent en rouge ; la classe suivante va de 76 ans à La Réunion à 80 ans dans le Nord, le Pas-de-Calais et en Guadeloupe. Les valeurs sont inscrites sur la carte et données au survol. Les limites des départements proviennent d’ADMIN EXPRESS de l’IGN (Licence ouverte). L’infobulle donne deux autres indicateurs du même tableau : la part des décès survenus à domicile et la part des décès pour lesquels une cause associée figure sur le certificat. Le champ couvre les personnes résidant en France et décédées en France. Voir aussi les causes de décès en 2024 et les causes détaillées par sexe. Source : Inserm-CépiDc, Études et Résultats n°1376.








