SANTÉ · PROFESSIONS DE SANTÉ · FRANCE · 2026
Densité de pharmaciens par département en 2026

La DREES dénombre 75 335 pharmaciens en activité au 1er janvier 2026, soit 109,1 pour 100 000 habitants. L’effectif n’a progressé que de 3,7 % depuis 2012, et la série dessine un creux : elle culmine à 74 484 en 2016, recule jusqu’à 73 381 en 2023, puis remonte.
Derrière cette quasi-stagnation, une recomposition profonde. Les pharmaciens libéraux — pour l’essentiel les titulaires d’officine — sont passés de 31 837 à 27 146, soit −14,7 % en quatorze ans. Dans le même temps, les salariés hospitaliers ont progressé de 31,0 % (7 627 → 9 991) et les autres salariés de 15,1 % (33 060 → 38 050). Le libéral ne représente plus que 36 % de la profession. C’est pourquoi le graphique sépare les trois postes.
Quarante-neuf départements sur 101 ont perdu des pharmaciens depuis 2012, soit pratiquement un sur deux. Les reculs les plus marqués touchent des départements ruraux du centre et de l’est : Haute-Marne (−20,7 %), Yonne (−19,7 %), Cher (−18,7 %), Meuse (−18,1 %). Les hausses sont ultramarines ou insulaires : Mayotte, Corse-du-Sud (+35,7 %), Guyane (+23,1 %), La Réunion (+22,4 %).
Le haut du classement ne mesure pas l’accès à une pharmacie. Paris arrive en tête avec 195,7 pharmaciens pour 100 000 habitants et les Hauts-de-Seine suivent à 160,0 — mais pour des raisons qui tiennent peu à l’officine. Dans les Hauts-de-Seine, 33,0 % des pharmaciens relèvent du secteur « Médicament » (885 sur 2 682), contre 6,2 % au niveau national : ce sont les sièges de l’industrie pharmaceutique. À Paris, c’est l’hôpital public qui pèse 21,1 % des effectifs contre 10,8 % en France. Les départements où l’officine domine vraiment sont ailleurs : dans le Cher, 53,6 % des pharmaciens exercent en libéral et 75,3 % travaillent en pharmacie, contre 66,6 % en France.
En bas de tableau : la Seine-Saint-Denis (66,9), dernière de métropole, le Val-d’Oise (67,3) et la Seine-et-Marne (71,4). Outre-mer, la Guyane (48,2) et Mayotte (30,2) ferment la marche. L’écart métropolitain n’est que de 2,9 pour 1, l’un des plus resserrés de nos classements de santé — le maillage officinal, encadré par un quota démographique, y est pour beaucoup.
La moyenne reste au-dessus du département médian : 109,1 contre une médiane de 103,6, et 65 départements sur 101 se situent sous la moyenne. La part libérale varie du simple au double selon les territoires : de 22,5 % dans les Hauts-de-Seine et 26,0 % à Paris à 53,6 % dans le Cher et 50,1 % en Dordogne. La profession compte 67,6 % de femmes.
Note méthodologique : les effectifs proviennent du RPPS, répertoire à inscription obligatoire, et comptent les praticiens actifs au 1er janvier, classés selon le département de leur activité la plus récente, non selon leur domicile. Un département qui héberge un siège de laboratoire ou un CHU y concentre donc des pharmaciens qui n’y délivrent aucune ordonnance. Deux lignes du fichier sont exclues du classement : « Corse non précisé », qui ne porte aucun effectif, et « COM ou Étranger », qui en porte un. Les densités rapportent ces effectifs à la population estimée par l’Insee au 1er janvier de la même année, sans standardisation par âge. Source : DREES, La démographie des professionnels de santé depuis 2012, Pharmaciens RPPS 2012-2026, publication du 2 juillet 2026.








