SANTÉ · PROFESSIONS DE SANTÉ · FRANCE · 2024
Densité d’orthoptistes par département en 2024

L’orthoptiste rééduque les troubles de la vision binoculaire — strabisme, amblyopie, fatigue visuelle — et réalise une partie des examens préalables à la consultation d’ophtalmologie. La DREES en compte 6 410 en activité au 1er janvier 2024, contre 3 430 en 2012 : les effectifs ont presque doublé (+86,9 %). La densité est passée de 5,3 à 9,4 pour 100 000 habitants.
La croissance vient du salariat en cabinet, et elle est spectaculaire. Les salariés hors hôpital sont passés de 674 à 2 274, soit une multiplication par 3,4 en douze ans — la plus forte progression d’un poste que nous ayons mesurée dans cette série. Les salariés hospitaliers ont plus que doublé (337 → 719), quand l’exercice libéral n’augmentait que de 41,3 % (2 419 → 3 417). Le libéral reste majoritaire, mais tout juste : 53,3 % contre 65,7 % en 2012. C’est pourquoi le graphique sépare les trois postes.
Paris domine le classement avec 28,9 orthoptistes pour 100 000 habitants, soit le triple de la moyenne nationale, devant la Haute-Garonne (19,7) et le Tarn-et-Garonne (15,0). En bas de tableau : les Deux-Sèvres (1,6), Mayotte (1,6) et la Creuse (1,8). La composition parisienne est atypique : l’hôpital y pèse 10,8 des 28,9, davantage que le libéral (7,9).
Ce classement doit se lire avec une prudence particulière. C’est la plus petite profession de notre série : le département médian compte 37 orthoptistes, 33 départements sur 101 en comptent moins de vingt, et la Creuse n’en a que deux. À cette échelle, une seule installation déplace la densité d’un département rural de près d’un point — de quoi lui faire gagner une dizaine de rangs. Le rapport de 18 pour 1 entre Paris et les Deux-Sèvres traduit donc autant la petitesse des effectifs que l’inégalité de l’offre. Le haut du tableau est plus solide que le bas : Paris et la Haute-Garonne comptent respectivement 607 et 290 praticiens.
La moyenne nationale décrit mal le département ordinaire. La médiane départementale n’est que de 7,4 contre 9,4 pour la moyenne, et 71 départements sur 101 se situent sous cette moyenne, que Paris et quelques métropoles universitaires tirent vers le haut.
Six départements ont perdu des orthoptistes depuis 2012, tous avec de très petits effectifs : Deux-Sèvres (10 → 6), Creuse (3 → 2), Haute-Marne (5 → 4), Vosges (17 → 15). À l’inverse, le Morbihan (21 → 83), la Somme (14 → 50) et le Jura (4 → 12) ont vu leurs effectifs tripler ou davantage.
La profession reste très féminine — 87,2 % de femmes — mais un peu moins qu’en 2012 (89,7 %) : les hommes y sont passés de 353 à 823, soit une progression plus rapide que celle de l’ensemble.
Note méthodologique : les effectifs proviennent du répertoire ADELI, que la DREES signale comme fragile. L’inscription y étant gratuite, les praticiens ne sont pas incités à se désinscrire à la cessation d’activité, ce qui surestime les effectifs en exercice ; à l’inverse, les nouveaux diplômés tardent parfois à s’enregistrer, ce qui sous-estime la part des plus jeunes. Sur une profession de 6 410 personnes réparties en 101 départements, ces biais pèsent proportionnellement plus lourd que sur les grandes professions. Pour limiter le premier, la DREES ne retient que les professionnels de moins de 62 ans. Les orthoptistes sont classés selon le département de leur activité principale, non selon leur domicile. Les densités rapportent ces effectifs à la population estimée par l’Insee au 1er janvier de la même année, sans standardisation par âge. Source : DREES, La démographie des professionnels de santé depuis 2012, Orthoptistes ADELI 2012-2024.








