SANTÉ · MORTALITÉ · FRANCE · 2024
Causes de décès en France en 2024

L’Inserm-CépiDc a recensé 641 046 décès en France en 2024, répartis selon la cause initiale en dix-huit grandes catégories. Le nombre total est stable par rapport à 2023 (637 082) et reste en deçà du pic de 2022 (673 190).
Les tumeurs sont la première cause de mortalité, avec 173 502 décès, soit 27,1 % du total, devant les maladies de l’appareil circulatoire — infarctus, accidents vasculaires cérébraux, insuffisance cardiaque — avec 136 081 décès (21,2 %). À elles deux, ces catégories représentent près d’un décès sur deux.
La troisième position revient à une non-réponse. Les « symptômes et états morbides mal définis » totalisent 67 507 décès, soit 10,5 % — plus d’un sur dix. Ce n’est pas une maladie mais l’absence de cause identifiable. Le CépiDc en donne deux explications : environ 2 % des certificats médicaux ne lui parviennent pas chaque année et sont automatiquement reclassés ici, et depuis 2019, sur prescription de l’OMS, l’arrêt cardiaque sans précision n’est plus accepté comme cause initiale et bascule dans cette catégorie.
Cette règle de 2019 se lit dans la série, et doit rendre prudent sur les tendances : entre 2018 et 2019, les causes mal définies passent de 62 011 à 67 316 tandis que les maladies circulatoires reculent de 143 653 à 138 628. Une partie de la baisse apparente des maladies du cœur est donc un transfert comptable, pas un progrès sanitaire. Le CépiDc ajoute que les défauts de collecte ne sont pas répartis au hasard : ils touchent surtout les décès passant par les instituts médico-légaux, ce qui sous-estime probablement les causes externes.
Hommes et femmes meurent en nombre presque égal — 321 476 femmes et 319 570 hommes — mais pas des mêmes causes. Les hommes paient un tribut nettement plus lourd aux tumeurs (96 187 contre 77 315, soit +24 %) et aux causes externes — accidents, suicides, chutes — avec 27 030 décès contre 19 553. Les femmes sont plus nombreuses à mourir de maladies circulatoires (71 621 contre 64 460), de troubles mentaux (15 178 contre 9 831) et de maladies du système nerveux (21 088 contre 15 872) — trois postes où pèse leur espérance de vie plus longue, ces pathologies frappant surtout aux grands âges.
Avant 65 ans, la hiérarchie change. Les tumeurs restent premières (34 269 décès) mais les causes externes passent en deuxième position avec 15 120 décès, devant les maladies circulatoires (11 651). Rapportées à leur poids d’ensemble, les causes externes sont ainsi trois fois plus présentes dans la mortalité prématurée que dans la mortalité totale.
Le Covid-19 reste identifié comme cause initiale de 8 549 décès en 2024, soit 1,3 % du total. Il figure encore au douzième rang, devant les maladies ostéo-articulaires et les maladies du sang.
Note méthodologique : les décès sont classés selon leur cause initiale — la maladie ou le traumatisme qui a déclenché l’enchaînement ayant conduit au décès — et non selon la cause immédiate. Le regroupement suit la liste européenne succincte des causes de décès d’Eurostat, fondée sur la Classification internationale des maladies. Les intitulés ont été abrégés sur le graphique pour la lisibilité ; la catégorie « Causes mal définies » correspond aux « symptômes et états morbides mal définis », « Sang et immunité » aux « maladies du sang et des organes hématopoïétiques et certains troubles du système immunitaire ». Le champ couvre la France entière et les personnes résidant en France et décédées en France : les décès de résidents survenus à l’étranger sont exclus. Les données de 2018 à 2022 ont été produites en combinant codage automatique, apprentissage profond et codage manuel ciblé, ce que le CépiDc documente dans ses rapports de production. Source : Inserm-CépiDc, Grandes causes de décès et tendances récentes.








