ANALYSE · ÉCONOMIE · FISCALITÉ
Où vivent les Français les plus imposés ? Panorama fiscal des régions et départements
En 2024, l’impôt sur le revenu perçu en France s’élève à 91,7 milliards d’euros, mais sa répartition géographique est loin d’être homogène. En croisant les données régionales et départementales de la DGFiP, un clivage net se dessine entre l’Île-de-France et le reste du pays — et entre grandes métropoles et territoires ruraux.
L’Île-de-France, hors norme
Avec 33,3 milliards d’euros d’impôt sur le revenu perçu en 2024, l’Île-de-France concentre à elle seule 36,3 % du total national, pour seulement 18,1 % des foyers fiscaux du pays. Autrement dit, le foyer fiscal francilien moyen paie proportionnellement environ deux fois plus d’impôt sur le revenu que le foyer fiscal moyen national. Aucune autre région n’approche ce niveau : l’Auvergne-Rhône-Alpes, deuxième région contributrice, ne pèse que 9,8 milliards d’euros, presque quatre fois moins.
Paris et les Hauts-de-Seine, sommets de la pyramide fiscale
À l’échelle départementale, le clivage est encore plus marqué. Paris arrive largement en tête avec 13,1 milliards d’euros d’impôt sur le revenu perçu — plus que n’importe quelle région française hors Île-de-France. Les Hauts-de-Seine suivent avec 6,7 milliards, puis les Yvelines (4 milliards). Ces trois départements franciliens réunissent à eux seuls près de 24 milliards d’euros, soit plus du quart de l’impôt sur le revenu national.
Les 10 premiers départements contributeurs concentrent 26,6 % du total national — un niveau de concentration qui reflète moins la richesse par habitant que la simple densité de foyers à hauts revenus dans les grandes métropoles et leur périphérie aisée.
La Lozère et la Creuse, à l’autre extrémité
À l’opposé, des départements ruraux comme la Lozère (47 millions d’euros d’impôt perçu) ou la Creuse (60 millions) ferment le classement — plus de 200 fois moins que Paris. Cet écart massif s’explique en grande partie par la taille de la population : la Lozère compte moins de 50 000 foyers fiscaux, contre plus d’1,5 million à Paris. Mais même rapporté au nombre de foyers, l’écart de revenu imposable moyen entre ces territoires ruraux et les départements les plus aisés reste considérable.


