ÉNERGIE & ENVIRONNEMENT · EAU · MONDE · 2018
Carte du monde de l’efficacité de l’utilisation de l’eau en 2018
Faites glisser la carte vers la gauche ou la droite pour voir tous les pays.

Cette carte montre combien de valeur ajoutée économique chaque pays produit avec un mètre cube d’eau prélevé dans ses rivières, ses lacs et ses nappes, en dollars. C’est l’indicateur 6.4.1 des Objectifs de développement durable de l’ONU : il combine l’agriculture irriguée, l’industrie et les services, chaque secteur pesant selon sa part dans les prélèvements. D’après AQUASTAT, la base de données de la FAO diffusée par la Banque mondiale, la valeur médiane des 168 pays renseignés est de 14,0 $ par m³ en 2018, dernière année publiée, pour une moyenne de 45,6 $. La carte reprend les données du classement des pays par efficacité globale d’usage de l’eau.
Services et finance en tête. Le Luxembourg produit 1 097 $ par mètre cube, très loin devant la Suisse (393 $), le Royaume-Uni (323 $), le Danemark (262 $) et l’Irlande (227 $) : des économies tournées vers les services, qui prélèvent peu d’eau et irriguent peu. Les pays pétroliers et gaziers figurent aussi en haut du classement, comme le Qatar (201 $), l’Angola (147 $) ou le Koweït (102 $), car les hydrocarbures créent beaucoup de valeur avec peu d’eau.
En Europe, l’irrigation fait la différence. La France se classe 25e sur 168 avec 82,8 $ par mètre cube, derrière l’Allemagne (111 $), la Belgique (107 $) et les Pays-Bas (90,1 $). Les pays du Sud, qui irriguent davantage, obtiennent moins : l’Italie (49,3 $), l’Espagne (36,8 $), le Portugal (30,5 $) et la Grèce (17,3 $). Les États-Unis (43,7 $) et la Chine (23,5 $) restent au-dessus de la médiane. L’évolution française est retracée dans la série de l’efficacité globale d’utilisation de l’eau en France.
Les grandes régions d’irrigation en bas de l’échelle. Là où l’agriculture irriguée absorbe l’essentiel de l’eau, chaque mètre cube rapporte peu : l’Égypte (4,6 $), l’Inde (3,0 $), le Pakistan (1,5 $) et l’Asie centrale, du Turkménistan (1,5 $) et de l’Ouzbékistan (1,4 $) au Tadjikistan (0,9 $) et au Kirghizstan (0,8 $). Madagascar (0,8 $) et la Somalie (0,2 $) ferment le classement.
Note méthodologique : l’indicateur dépend autant du niveau de richesse et de la structure de l’économie que de la gestion de l’eau : un pays riche et tourné vers les services obtient mécaniquement une valeur élevée, et un pays agricole une valeur basse, même s’il irrigue avec soin. Les détails par secteur figurent dans les classements de l’industrie, de l’agriculture irriguée et des services ; la quantité d’eau dont dispose chaque pays est présentée dans la carte des ressources en eau douce par habitant. Les pays en gris, comme Taïwan, Singapour ou la Bosnie-Herzégovine, n’ont pas de donnée. Les petits États, invisibles à l’échelle du monde, sont signalés par un point. Source : FAO (AQUASTAT), via la Banque mondiale (CLEAR Water) ; fond de carte : Natural Earth (domaine public).








