ÉNERGIE & ENVIRONNEMENT · EAU · MONDE · 2018
Carte du monde des ressources en eau douce par habitant en 2018
Faites glisser la carte vers la gauche ou la droite pour voir tous les pays.

Cette carte rapporte à la population les ressources internes en eau douce renouvelable de chaque pays : l’eau des pluies qui alimente chaque année ses cours d’eau et ses nappes souterraines. Les fleuves qui arrivent des pays situés en amont n’y sont pas comptés. D’après AQUASTAT, la base de données de la FAO diffusée par la Banque mondiale, la valeur médiane des 183 pays renseignés est de 2 516 m³ par habitant et par an en 2018, dernière année publiée. La carte reprend les données du classement des pays par disponibilité en eau douce par habitant.
Beaucoup d’eau, peu d’habitants. L’Islande dispose de 504 881 m³ par habitant, devant le Guyana (309 369 m³) et le Suriname (171 878 m³) : des pays très arrosés et peu peuplés. Suivent le Bhoutan, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, le Gabon, le Canada (76 872 m³), la Norvège et la Nouvelle-Zélande. Parmi les grands pays, la Russie (29 588 m³) et le Brésil (27 025 m³) restent très bien dotés, les États-Unis (8 615 m³) nettement moins.
La France dans la moyenne européenne. Avec 3 077 m³ par habitant, la France se classe 83e sur 183, au niveau de l’Italie (3 010 m³) et devant l’Espagne (2 382 m³) et le Royaume-Uni (2 160 m³). L’Allemagne (1 287 m³), la Belgique et le Danemark passent sous le seuil de 1 700 m³. Les Pays-Bas (645 m³) et la Hongrie (618 m³) paraissent très démunis parce que l’eau du Rhin et du Danube, venue de l’amont, n’est pas comptée. L’évolution française depuis 1962 est retracée dans la série de la disponibilité en eau douce en France.
Le stress hydrique, du Sahel au Golfe. L’hydrologue Malin Falkenmark a proposé des seuils devenus classiques : sous 1 700 m³ par habitant, un pays est en stress hydrique, sous 1 000 m³ en pénurie, sous 500 m³ en pénurie absolue. Selon cet indicateur, 75 pays sont sous le premier seuil, dont la Chine (1 927 m³) et l’Inde (1 069 m³), et 29 sous le dernier, presque tous en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Le Koweït (0 m³), Bahreïn (2,5 m³), les Émirats arabes unis (15,6 m³), le Qatar (20,1 m³) et l’Arabie saoudite (71 m³) dépendent du dessalement de l’eau de mer et des nappes fossiles, qui ne se renouvellent pas.
Note méthodologique : parce qu’il ne compte pas les apports de l’amont, cet indicateur sous-estime fortement l’eau disponible des pays traversés par de grands fleuves : l’Égypte n’y a que 10 m³ par habitant alors qu’elle reçoit le Nil, le Soudan 96 m³, l’Irak 916 m³ avec le Tigre et l’Euphrate. La disponibilité ne dit rien non plus de l’eau réellement utilisée (voir le classement par prélèvement d’eau douce). Taïwan, le Kosovo et le Groenland n’ont pas de donnée. Les petits États, invisibles à l’échelle du monde, sont signalés par un point. Source : FAO (AQUASTAT), via la Banque mondiale (CLEAR Water) ; fond de carte : Natural Earth (domaine public).








