SANTÉ · PROFESSIONS DE SANTÉ · FRANCE · 2024
Densité de diététiciens par département en 2024

Le diététicien intervient sur l’alimentation et la nutrition, à l’hôpital comme en ville. C’est l’une des professions de santé qui progressent le plus vite : la DREES en compte 17 369 en activité au 1er janvier 2024, contre 7 721 en 2012, soit +125 % en douze ans. La densité est passée de 11,8 à 25,5 pour 100 000 habitants.
Les Hautes-Alpes arrivent en tête avec 42,9 diététiciens pour 100 000 habitants, devant Paris (40,4), le Vaucluse (38,3) et la Haute-Corse (37,9). En bas de tableau : la Creuse (6,2), dernière de métropole, la Martinique (11,5) et l’Orne (13,6). Mayotte ferme la marche avec 4,8. L’écart entre les Hautes-Alpes et la Creuse est de 6,9 pour 1.
Le plus notable n’est pas le classement mais un renversement d’employeur. En 2012, l’hôpital était le premier lieu d’exercice : 3 863 salariés hospitaliers contre 2 083 libéraux ou mixtes. En 2024, le rapport s’est inversé : 7 884 libéraux ou mixtes (45,4 %) contre 5 341 salariés hospitaliers (30,8 %). L’exercice libéral a été multiplié par 3,8 quand l’hôpital n’augmentait que de 38 %. C’est pourquoi le graphique sépare les trois postes.
Ce renversement ne s’est pas produit partout. À Paris, l’hôpital reste majoritaire (18,2 contre 13,1 en libéral) : c’est l’effet de la concentration hospitalo-universitaire. En Haute-Corse à l’inverse, le libéral pèse 31,5 des 37,9, soit plus des quatre cinquièmes. Les départements du Sud-Est, où la profession est la plus dense, sont aussi ceux où elle est la plus libérale.
La moyenne nationale reste au-dessus du département médian. La médiane s’établit à 23,3 contre 25,5 pour la moyenne, et 64 départements sur 101 se situent sous cette moyenne.
Une précaution de lecture sur les petits effectifs. La Creuse compte sept diététiciens, les Hautes-Alpes soixante. Dans un département de cette taille, une seule installation déplace la densité de près d’un point et peut faire gagner plusieurs rangs. Le haut et le bas du classement sont donc bien moins stables que sur des professions nombreuses comme les chirurgiens-dentistes.
La profession reste très largement féminine : 92,4 % de femmes en 2024 (16 044 sur 17 369). La part masculine progresse légèrement — 5,3 % en 2012, 7,6 % aujourd’hui — mais le déséquilibre demeure l’un des plus marqués des professions de santé.
Note méthodologique : les effectifs proviennent du répertoire ADELI, que la DREES signale comme fragile. L’inscription y étant gratuite, les praticiens ne sont pas incités à se désinscrire à la cessation d’activité, ce qui surestime les effectifs en exercice ; à l’inverse, les nouveaux diplômés tardent parfois à s’enregistrer, ce qui sous-estime la part des plus jeunes. Pour limiter le premier biais, la DREES ne retient que les professionnels de moins de 62 ans. Les praticiens sont classés selon le département de leur activité principale, non selon leur domicile. Les densités rapportent ces effectifs à la population estimée par l’Insee au 1er janvier de la même année, sans standardisation par âge. Voir aussi nos classements sur les médecins et les aides-soignantes. Source : DREES, La démographie des professionnels de santé depuis 2012, Diététiciens ADELI 2012-2024.








