ÉNERGIE & ENVIRONNEMENT · EAU · MONDE · 2018
Carte du monde de l’efficacité de l’eau dans l’industrie en 2018
Faites glisser la carte vers la gauche ou la droite pour voir tous les pays.

Cette carte montre combien de valeur ajoutée l’industrie produit par mètre cube d’eau qu’elle prélève, en dollars. C’est la composante industrielle de l’indicateur 6.4.1 des Objectifs de développement durable de l’ONU, à côté de l’agriculture irriguée et des services. Les prélèvements de l’industrie comprennent l’eau de refroidissement des centrales électriques thermiques et nucléaires, souvent de loin la plus importante. D’après AQUASTAT, la base de données de la FAO diffusée par la Banque mondiale, la valeur médiane des 174 pays renseignés est de 51,1 $ par m³ en 2018, dernière année publiée ; la moyenne (490,3 $) est tirée vers le haut par quelques valeurs extrêmes. La carte reprend les données du classement des pays par efficacité d’usage industriel de l’eau.
Peu d’eau, beaucoup de valeur. Saint-Vincent-et-les-Grenadines (46 331 $) arrive très loin devant : son industrie ne prélève presque pas d’eau, ce qui rend le ratio peu significatif. Suivent le Luxembourg (3 536 $) et les pays du Golfe, dont l’industrie des hydrocarbures crée beaucoup de valeur avec peu d’eau douce : le Qatar (2 930 $), le Koweït (2 858 $) et les Émirats arabes unis (1 555 $), ainsi que le Panama (2 765 $). En Europe, le Royaume-Uni (463 $), la Suisse (264 $) et l’Irlande (237 $) dépassent largement la médiane, comme la Corée du Sud (116 $) et le Japon (107 $).
Le poids du refroidissement des centrales. Les pays qui produisent beaucoup d’électricité dans des centrales refroidies par l’eau des rivières se retrouvent plus bas. La France, dont les centrales nucléaires prélèvent de grands volumes, se classe 137e sur 174 avec 20,2 $ par mètre cube, derrière l’Allemagne (50,4 $), l’Italie (47,2 $), l’Espagne (37,2 $) et les Pays-Bas (23,5 $). Les États-Unis (15,9 $), la Russie (14,2 $) et le Canada (13,0 $) sont encore en dessous, la Chine (43,7 $) et l’Inde (37,7 $) un peu sous la médiane. L’évolution française est retracée dans la série 1987-2018 de l’efficacité de l’usage industriel de l’eau en France.
En bas de l’échelle, l’Estonie (3,5 $), la Bulgarie (2,7 $), la Moldavie (2,6 $), la Jamaïque (2,3 $), la Serbie (2,2 $) et le Tadjikistan (1,6 $) prélèvent beaucoup d’eau pour une valeur industrielle modeste.
Note méthodologique : une grande partie de l’eau de refroidissement est restituée aux rivières après usage ; l’indicateur compte les prélèvements, pas l’eau consommée, ce qui pénalise les pays dotés de grandes centrales thermiques ou nucléaires. Il reflète donc la structure de l’économie et du parc électrique plus que la sobriété des usines. L’ensemble des secteurs est présenté dans la carte de l’efficacité globale de l’utilisation de l’eau, l’agriculture dans la carte de l’eau d’irrigation et les services dans la carte de l’eau des services. Les pays en gris, comme Taïwan ou le Kosovo, n’ont pas de donnée. Les petits États, invisibles à l’échelle du monde, sont signalés par un point. Source : FAO (AQUASTAT), via la Banque mondiale (CLEAR Water) ; fond de carte : Natural Earth (domaine public).








