SANTÉ · DÉMOGRAPHIE MÉDICALE · FRANCE · 2026
Densité de médecins par département en 2026

La DREES publie chaque année, à partir du répertoire RPPS, le nombre de médecins en activité au 1er janvier. Rapporté à la population estimée par l’Insee, il donne la densité médicale : le nombre de médecins pour 100 000 habitants. Au 1er janvier 2026, la France en compte 350,6, dont 146,2 généralistes et 204,4 autres spécialistes.
L’écart entre départements est considérable. Paris affiche 970,2 médecins pour 100 000 habitants, l’Ain 173,7 et Mayotte 82,8. Soit un rapport de 5,6 pour 1 entre le premier et le dernier département de métropole, et de près de 12 pour 1 si l’on inclut les DROM.
Mais le classement par densité totale raconte surtout l’implantation des spécialistes, pas l’accès au médecin de famille. Les 970 médecins parisiens se décomposent en 246 généralistes et 724 autres spécialistes : c’est la concentration hospitalo-universitaire qui fait le score, pas la médecine de ville. C’est pourquoi le graphique sépare les deux postes.
Sur la seule médecine générale, la hiérarchie change. Les Hautes-Alpes arrivent en tête (294,7 généralistes pour 100 000 habitants), devant Paris. À l’autre bout, l’Eure-et-Loir ferme la marche en métropole avec 82,4. L’écart tombe alors à 3,6 pour 1 — toujours important, mais trois fois moindre que sur la densité totale.
Une précaution de lecture s’impose sur la moyenne nationale. Les 350,6 médecins pour 100 000 habitants ne décrivent pas le département typique : la médiane départementale est de 298,4, soit 15 % plus bas. Paris et quelques départements très dotés tirent la moyenne vers le haut ; 28 départements sur 101 se situent sous 250. Citer la moyenne nationale pour décrire l’offre de soins ordinaire revient à décrire un pays qui n’existe pas.
Un mot sur l’unité, pour éviter une fausse contradiction avec nos classements internationaux : la DREES compte pour 100 000 habitants quand la Banque mondiale compte pour 1 000. Les 350,6 médecins de la DREES correspondent à 3,5 pour 1 000 — le même fait, exprimé à deux échelles.
Note méthodologique : la densité rapporte des médecins à leur lieu d’activité la plus récente, non à leur domicile, et compte tous les modes d’exercice — libéral, salarié hospitalier, mixte. Un département hébergeant un CHU concentre donc mécaniquement des praticiens qui soignent des patients venus d’ailleurs : la densité n’est pas une mesure de l’accès aux soins des habitants du département. Pour cela, la DREES publie un autre indicateur, l’accessibilité potentielle localisée (APL), qui tient compte des distances et de la disponibilité effective des praticiens. Les densités sont ici calculées sur l’ensemble de la population, sans standardisation par âge, alors que les besoins de soins varient fortement avec l’âge. Champ : France entière. Source : DREES, La démographie des professionnels de santé depuis 2012, données RPPS au 1er janvier 2026, publication du 2 juillet 2026.








